Chronique Kinks : Mon Great Lost Kinks Album Ideal

Publié le par Dimitri Dequidt

Introduction


Ceux qui ont lu l'en quête sur le Great Lost Kinks Album savent que la discographie des Kinks est touffue et cultive les redites, raccommodant le répertoire avec des morceaux bonus ici, des éditions spéciales ou compilations là ;…et que, parce qu'elle parvient à demeurer incomplète, une réédition de l’album The Great Lost Kinks Album, avec un tracklisting adapté aux circonstances, serait salvatrice...

J’ai imaginé ce que donnerait cet album là en m’astreignant à respecter quelques critères de sélection. Lesquels sont d’éviter les doublons après les rééditions de 1998 et 2004 ; de laisser les BBC Sessions à ce qu’elles sont ( des chansons déjà publiées jouées live, c’est à dire tout sauf des chansons perdues );  de respecter la vocation d’album perdu de l’album en choisissant de bons morceaux réellement méconnus et enfin de choisir des morceaux sonnant finis. Plutôt que de présenter les chansons par ordre thématique ( par exemple : chansons utilisées par la BBC ; chansons issues de tel album…) j’ai choisi de lister les chansons dans un rigoureux ordre chronologique.

(Les chansons solo de Dave étant peu représentées par la discographie des Kinks ( 45T n'ayant pas été republiés en CD ou bien en tant que bonus des rééditions, ou encore sur l'intimiste compilation Unfinished Business ; 3 inédits ) j'ai décidé de créer un article entièrement consacré à cet album solo avorté, plus connu par bien des fans sous le nom The Album That Never Was ).


L’album chanson par chanson



1)    Don’t Ever Let Me Go (1964)

12/20


Comme je l’ai précisé par ailleurs, cette chanson est l’une des préversion de You Really Got Me comme il doit en exister “x” exemplaires, quand les Kinks s’appelaient encore The Ravens ( les corbeaux ) et qu’on ne les distinguait pas des autres groupes de rock/r&b du pays. Une autre version en existe, Listen to Me, sur le Great Lost album de 2004.

On s’aperçoit en écoutant ces deux chansons que l’exploitation du riff et du solo de la première avec le refrain de la seconde était le parfait choix pour You Really Got Me, puisqu’ils en étaient respectivement les éléments les plus modernes et, pour dire le tout, les plus excitants.

Don’t Ever Let Me Go est la plus écoutable de ces préversions : la qualité sonore n’est pas dégoûtante, et le titre a le dynamisme incorrigible de You Really Got Me, bien qu’il lui en manque la lancinante qualité qui fait les écoutes et les réécoutes de ses auditeurs. Dès la fin de l’année 1964, j’imagine qu’il fut devenu impossible d’écouter cette version sans ressentir cette béante impression d’inachevé…
 

2) Oobadiooba (1964)

nc/20


Version chanson de l’instrumental Revenge sur le premier album : Kinks (1964). Sans doute réduite à un instrumental pour n’avoir pas à être entendu chantant Oobadiooba aux quatre coins de la planète ?…Sympathique et totalement anecdotique.


3)    Time Will Tell (1965)

13/20


A en juger par la date, il s’agirait d’une prise non conservée des sessions de Kinda Kinks.

La chanson se présente comme une succession classique à l’époque de couplets et de refrains, entrecoupée d’un petit solo ici ou là. Le riff principal fait bonne figure. Le petit emballement lors du couplet final est un réveil bienvenue à une chanson qui ne peut plus cacher sa linéarité.

A vrai dire, elle a beaucoup à voir avec ses contemporaines dont elle ne se distingue pas beaucoup. Apparemment coincée dans sa position de single potentiel et pastiche d’autres chansons, Time Will Tell s’est retrouvée là dans une série d’inédits.

Quant à ses paroles, hé bien…elles sont suffisamment abstraites et suffisamment personnelles pour convenir à tout le monde.


4)    And I Will Love You (1966?)

13/20


Celle-ci, datée de l’album Face To Face, ne cache pas à mon avis ses pioches chez I’m On An Island, Too Much On My Mind et Fancy, toutes supérieures. Il est sensible qu’elle n’était pas prévue pour la publication ; il n’en faudrait pourtant que peu pour en faire une chanson honnêtement bonne.

Il est amusant de constater que son premier vers, I know a place / not far away formera celui de the Way Love Used to Be, dans un tout autre registre de style et de tons.


5)    Lavender Hill (Aout 1967)

16/20


Lavender Hill est la première chanson de cette tracklist à sonner finie ; on y retrouve tout ce qui fait le succès des bons Kinks, y compris les chœurs de Rasa, femme de Ray, si je ne m’y trompe pas.

Les paroles, lyriques, nous entrainent dans la féerie de Lavender Hill où même les oiseaux posés dans les arbres semblent chanter de jolies mélodies, (…) le seul endroit où je voudrais être. Un monde rêvé ( bien qu’il existe un quartier du même nom à Londres à une époque où Ray parlait d’album Londonien ; idéalisé sans doute…) qui respecterait le rythme de chacun, qui mettrait l’homme au centre de tout, un monde d’harmonie. Une de ces chansons en forme de havre de paix telles que Ray, persécuté réellement comme dans sa tête, en aura écrites beaucoup et jamais assez.

Lavender Hill est aussi, accessoirement, l’occasion rare d’entendre une guitare wah-wah sur un morceau des Kinks. Et sans doute la meilleure si l’on ne veut pas pour ce faire aller voir du côté de Flash’s Confession sur l’album Preservation Act 2. D’autant qu’elle consiste ici en un solo court, magistralement interprété, comme dans les meilleurs moments de Dave se mettant au service des compositions de son frère.

J’ignore au profit de quelle chanson des Kinks je retirerais celle-ci, sinon un classique. Mais celle ci est un classique, même perdu.


6)    Rosemary Rose (Janvier 1968)

15,5/20


Rosemary Rose ou le son de Something Else, avec les mêmes clavecins et le même Nicky Hopkins que Two Sisters ou Session Man, notamment pour le pont instrumental. Elle est une petite ballade aux accords imprévisibles, décrivant tendrement le regard de parents sur l’évolution de leur jeune femme de fille, qui attend sans bouger que l’on s’intéresse à elle. La chanson rappelle sans effort Rosie Won’t You Please Come Home de l’album Face To Face, puisant son inspiration dans le même héritage familial.

Ce n’est pas une chanson exceptionnelle mais elle n’est pas sans charme. Pas sans charme du tout…


7)    Did you see his name (Mars 1968)*

16,5/20


A en croire Ray Davies, Did You See His Name a été enregistrée du jour au lendemain ( faut-il dire du mardi au mercredi ? ) début 1968, et à l’aide d’un fait divers tout à fait similaire raconté par le journal, au  besoin de l’émission télévisée At The Eleventh Hour. Sa première incarnation, avec Jeannie Lamb pour chanteuse et un petit orchestre pour instrumentation, est une curiosité que je demande à voir ! (…). Mais rassurez-vous, la version dont nous parlons est bel et bien des Kinks, lesquels ont enregistré le morceau à la hâte au printemps 1968.

Cette composition prend le contrepied de ce que la plupart des compositeurs ont tendance à faire, Ray compris, à savoir choisir un thème convenant à la chanson ( en fait, il n’y a peut-être que ces deux manières de faire…). En bref, il s’agit d’une mélodie extrêmement sautillante narrant la progressive descente aux enfers – et c’est le cas de le dire – d’un voyou médiocre volant simplement, au départ, une boite de conserve dans une épicerie en solde, pour y perdre son travail et tout honneur ; astuce qu’aura dégotée Ray Davies pour parler du refuge parmi tous les refuges : le suicide.

Les couplets se font l’écho de la rumeur populaire, démarrant toutes par Avez-vous vu son nom ? ( Did You See His Name ? ) de manière guillerette et sardonique. Avez-vous vu son nom…dans la presse locale ? (…) Avez-vous son nom…dans la section criminelle ? (…) pour finir sur l’incontournable Avez-vous vu son nom…dans la rubrique nécrologique ? (…) La vie était bien trop dure à vivre, alors il y a mis fin, dans sa maisonnette remplie de gaz, parce qu’il ne pouvait pas supporter la pression…Une histoire vaillamment menée, en bien peu de temps, et qui se permet avec tout ça des variations de tempo.

En dépit ou à cause de sa trame cruelle, et de son irrésistible lancinance, Did You See His Name demeure l’une de mes chansons préférées du Great Lost.

Note : la chanson a été préselectionnée pour Village Green, si j’ose dire, puisque Ray Davies l’a envoyée à Reprise en Amérique pour le fameux Four More Respected Men : c’est d’ailleurs ce qui a valu que nous la connaissions, puisque ce même label a publié une première fois la chose sur une compilation intitulée Kinks Kronikles ( 1972 ).


8)    Misty Water (3 Mai 1968)

16/20


Une chanson - même recalée de peu - du Village Green ne pouvait être une mauvaise chanson. On retrouve ici fort logiquement un parfum de cet album à la Do You Remember Walter, en un peu défloré peut-être au niveau des arrangements, je ne sais pas. Mais il y a quelque chose.

Même si moins complexe que la plupart des chansons de l’album cité ci-dessus, celle-ci a l’avantage d’avoir un refrain extrêmement accrocheur et, en même temps, un côté aérien qui manquait peut-être parfois au produit fini. Rien d’étonnant pour une chanson décrivant le brouillard et la brume – et les effets de l’alcool, me suis-je laissé entendre -.

Ray Davies distille une idée dans cette chanson qu’il prendra pour thème dans When I turn Off the Living Room Light :

Bien que Marie ne soit pas une beauté / elle est la femme de mes rêves / parce que je vois ma femme / à travers un écran trouble et soyeux / et voir c’est croire / mais je ne peux pas croire mes yeux / tout est délicieux / dans un paradis brumeux

(Though Maria is not lovely / She's the lady of my dreams / 'Cause I see my lady / Through a misty, silky screen / And seeing is believing / But I can't believe my eyes / Everything is lovely / In a misty paradise).

Il existe un autre mix de cette chanson.

Note : Misty Water a figuré sur la liste de chansons envoyée à Reprise en vue de la publication de Four More Respected Men.


9)    Pictures in the Sand (Mai 1968)*

16/20


Un titre faisant écho à une autre chanson bucolique d’alors, l’inévitable Sitting by the Riverside. J’eus pu citer également sur la même plage Sand On My Shoes ( : du sable sur mes chaussures ), démo de Tin Soldier Man, si elle n’avait changé instamment de fusil d’épaule pour décider de plutôt railler un petit soldat

Pour qui se laisse charmer l’espace d’une seconde, Pictures in the Sand est redoutable. Non seulement mélodiquement évidente – c’est souvent une énorme qualité -, elle est aussi extrêmement variée pour sa durée : introduction efficace, couplets variés ( irruption des chœurs…), pont, passage instrumental (…) et en moins de trois minutes et sans que l’auditeur ne s’aperçoive de rien…Le don de Ray Davies pour la composition s’y pavane comme pour rire. Le tout étant servi par des arrangements à-propos, jouant un exotisme de carte postale délicieux.

Les paroles ne sont pas en reste. Certes le thème de l’amoureux écrivant des messages dans le sable est proverbial, mais peut-on résister, par exemple, à la naïveté d’un vers comme celui-ci : Si je n’avais plus un sou, est-ce que tu m’aimerais encore, alors que je passe ma vie entière, à faire des dessins pour tes beaux yeux, mais je ne pourrais pas dessiner mon amour, c’est une chose tellement dure à faire…( If I didn't have a dime,
Would you still be loving me? While I spend my whole life through, Drawing pictures just for you. But I could never draw my love, It's so very hard to do ).

Note : Ray Davies n’a jamais voulu publier la chanson officiellement…considérée la qualité de celle-ci, doit-on assimiler cette réserve à de la timidité ?!


10)    She’s Got Everything ( face B de Days, sorti le 28 Juin 1968 au Royaume Uni )

15,5/20


La chanson ne figurait pas, anciennement, sur ma version du Great Lost Kinks Album. Pourquoi l’avoir incluse alors ?…Hé bien parce que Vincent, fidèle lecteur, m'a rappelé à plusieurs reprises par mails interposés combien il avait du mal à mettre la main dessus, puisqu’elle n’apparaît en CD que sur l’Ultimate Collection CD 2 à l’heure actuelle. Et parce que cela reste une vraie bonne chanson méritant d’être valorisée, parmi d’autres, sur une publication particulière !

She’s Got Everything, écrite ça ne s’invente pas au Printemps 1966, a d’abord existé en tant que Face B de Days…à noter la différence d’âge entre les deux Faces : 2 ans ! Andy Miller soupçonne dans son ouvrage Ray Davies d’avoir voulu créer un contraste sur son disque avec, en Face A, l’adieu au groupe tel que créé à l’origine, et en Face B la dernière chanson enregistrée par le groupe probablement à garder ce son de la première période…et Andy Miller a sûrement raison.

Assez bavassé ! Musicalement, She’s Got Everything a tout de la chanson pop Kinksienne type Til The End Of The Day : un riff à 7 notes immédiatement reconnaissable ; des choeurs appuyés chantant allègrement avec les guitares ; un solo foutraque et râpeux comme seul sait en improviser ( ?) Dave Davies, et un air excessivement répétitif et lourd ( au sens sonore du terme ! ) que vient surprendre un pont à la fois doux et aérien, tout en finesse…et on a entendu la recette plus d’une fois, et cette fois encore ça marche !

Les paroles, par trop évidentes et niaises,  sont elles aussi typiques de l’époque – quoiqu’en 1968 elles fussent déjà anachroniques ! - mais parfois cela participe au charme général…


11)    Til Death Us Do Part (Septembre 1968)*

16/20


Aussi surprenant que cela puisse paraître, la chanson, enregistrée en Septembre 1968, était destinée au grand écran ! C’est chantée par Chas Mills sur l’instrumentation des Kinks qu’elle parut pour la Bande Son du film éponyme.

Musicalement, il s’agit de la  ballade aux plus belles attentions de l’album ; la seule déclaration digne de ce nom aussi, chose rare dans le répertoire du groupe. Autre chose rare : la monotonie du titre, avec sa ligne musicale soulignée par un trombone, est exquise, parce qu’incroyablement touchante, drapée dans son romantisme surannée, et contrebalancée par les paroles séantes, faussement innocentes mais vraiment sincères. Je vous cite mes vers préférés mais je pourrais bien vous citer la chanson entière. Car la chanson cache un poème.

Je ne suis que moi / pas quelqu’un de meilleur / pas quelqu’un de bien / je serais un soldat / si seulement je le pouvais. Si j’étais roi / Je dirais à mon armée / de changer le monde / et alors je serais celui / que tu voudrais que je sois.

( I'm only me / Not someone better / Not someone good./ I'd be a soldier, /That's if I only could. / If I were king, / I'd tell my army, / To change the world. / Then I'd be someone, / Like you want me to be )


12)    Where did my spring go (28 Janvier 1969 aux BBC Riverside Studios)*

13,5/20

 

 


Ecrite pour le deuxième épisode de Where Was Spring pour la télévision anglaise, cette chanson est une litanie des possessions fuyantes posées par le problème de grandir et, avec cela, de vieillir ! Tout s’en va et la déchéance, cette petite mort, fait paniquer le pauvre vieil être humain impuissant qui se demande où sont passés ses dents, ses cheveux, ses hormones, son énergie, sa peau, ses muscles, ses os…et son allant ( go ), permettant un petit jeu de mots de la part de Ray ( Where did my go – mon allant – go ). Ah ah ah !…Bon, n’accablez pas cette sympathique note d’humour…

La lucidité mi-effrayée mi-amusée de ce titre va parfois jusqu’à la cruauté : quand tu m’aimais, tu ne faisais que de m’employer ou encore rappelle toi de ces nuits sans sommeil à faire l’amour à la lueur d’une bougie, et chaque fois que tu prenais mon amour, tu rétrécissais ma vie.

Et le rythme de la chanson s’accélère au final jusqu’à son terme, comme pour symboliser l’impuissance à passer à la vitesse supérieure, incombée à l’âge (…). Ou moins mesquinement le rythme des années qui semble s’accélérer à mesure de l’âge, et nous fait mieux souvenir d’il y a dix ans que de la journée d’hier. La chanson s’arrête en tous cas à temps ; elle est presque trop intelligente pour ce qu’elle offre mélodiquement.

On a pu dire de la chanson qu’elle semblait conçue, enregistrement et mixage, en dix minute ; il est vrai qu’elle est pour le moins aérée !


13)    When I turn Off the Living Room Light ( 4 Février 1969)*

14/20


Tragicomique, l’histoire de la libido montante d’un couple – montante, oui, mais par pitié : seulement lorsque la lumière de la chambre est éteinte ! Car l’obscurité montre ce que l’on veut bien y voir, et l’on ne se sent pas aussi moches que nous le sommes vraiment, quand on ferme la lumière de la chambre. Il fallait oser l’écrire ! La description infamante de la femme de la chanson est dite avec une telle nonchalance et une telle désinvolture que…qu’elle ne peut qu’être vraie. Ton nez a beau être bulbeux, ton visage a beau être boutonneux, ta peau a beau être ridée et grise, je n’ai pas besoin de te voir telle que tu es quand je ferme la lumière de la chambre. « C’est vrai, il a raison dans la chanson…-Quoi ?! ». Une tendre guerre, disait Jacques Brel. Ah les vieux couples…

When I turn Off the Living Room Light est une tragédie de literie qui fera rire les uns, pleurer les autres, et entendre une chanson pas trop mal mais pas géniale à ceux qui se souviennent de la musique.
Le succès de la chanson outre atlantique, en tous cas, semble désarçonner quelque peu son auteur, lequel, se confiant à Jon Savage, a dit les mots suivants : « Les américains ont l’air d’aimer cette chanson. Je ne sais pas pourquoi ils l’aiment. C’est comme beaucoup de trucs américains, que ce soit des films ou autre – tout est fini dans les 5 premières minutes, et le reste c’est du remplissage »


14)    Berkeley Mews (1969)*

15,5/20


Face B du single Lola, Berkeley Mews tel qu’on l’entend aujourd’hui a été enregistrée par le groupe original fin 1967 ou début 1968, et agrémentée d’un saxophone sur les dernières mesures pour sa sortie en 1970 ; un traitement qu’auront connus également certains morceaux solos de Dave Davies tel Mr Reporter. Il fut d’abord élu par Ray pour figurer sur la première mouture américaine de Village Green, Four More Respected Men, avant qu’il ne change d’avis…

La chanson raconte une passion d’un soir à Berkeley Mews, quartier londonien situé non loin des studios Pye Records – élément pouvant suggérer que le chanteur témoigne ici d’un fait autobiographique ? Hm…-. La chanson est d’une désuétude clinquante, entre l’introduction au piano de Nicky Hopkins, très « cabaret », la honte du narrateur qui ne va pas jusqu’à chercher son élégance, et l’évocation du champagne par les paroles qui nous fait chercher les candélabres et autres maniérismes de décoration…

L’écoute de Berkeley Mews vous laissera probablement sur une sensation de déjà entendu sans que vous sachiez pointer la langue dessus. Mélodiquement, c’est une suite de couplets et de refrains tout ce qu’il y a de plus conventionnel, pimenté par un pont final avec un petit solo de saxophone, et toujours le son Kinksien et son éternelle vieillesse sans époque…


Note de l’album

15/20


Même si l’on peut toujours remettre en cause l’idéal d’exhaustivité brigué par cette tracklist d’inédits des meilleures années, ce rab des Kinks est globalement un bon crû et je ne connais pas un fan pour cracher dessus. Remarquez, c’est tout à fait normal ; je ne connais pas un fan des Kinks. J’en connais simplement un grand admirateur et, ce grand admirateur, c’est moi. Cela étant dit, je me demande bien si un jour un éditeur sera assez couillu pour le publier…


Tiens, d’ailleurs, j’en profite pour faire une dernière suggestion, en forme de vœu…non, en forme d’utopie : que l’intégrale des Singles, qui regroupe tout de même des titres obscurs tels que King Kong ou Lincoln Country sortisse un jour, à la manière du One des Beatles. Sauf que, à la différence des Beatles, il s’agirait d’un coffre à plusieurs CD regroupant d’une part les Face A ; de l’autre les Face B…
Il est permis de rêver !

PS : Merci de m’indiquer les étourderies que j’ai bien pu commettre et, qui sait, me proposer un morceau qui corresponde à mes critères pour étoffer encore cet album !

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Commenter cet article

Djer 22/05/2014 03:11

C'est tout de même proprement hallucinant le nombre de titres (excellents) que Ray Davies a composés entre 1966 et 1970...