Chronique Kinks : Preservation Act 2 ( 1974 )

Publié le par Dimitri Dequidt

Introduction


Le second volet du projet théatrâlo-gargantuesque que voulait vaille que vaille enregistrer Ray Davies ! Mais Preservation Act 2 n’est pas seulement la suite du projet le plus contesté du compositeur, il est aussi l’autre double album, avec Everybody’s in Showbiz, de cette série de 16 LPs ; c’est à dire qu’il fermente 77 minutes de musique, parmi lesquelles 6 plages narratives nommées et 2 plages bonus. Soit 16 véritables nouveaux morceaux. Voilà pour les chiffres.

Preservation Act 2 est le plus souvent considéré, à raison à mon avis, comme étant le plus faible des deux épisodes Preservation. Les principaux défenseurs de ce deuxième opus prétextent tendancieusement qu’il est plus diversifié, plus audacieux que le premier : c’est pourtant faux, car il ponctionne une durée non négligeable de son propre contenu sur l’Act 1 en en réemployant à loisir un tas de petites trouvailles mélodiques, voire des pans complets.

Traduction du booklet


Les Kinks ont été plongés dans le chaos au début des années 70, et c’est d’autant plus remarquable qu’ils étaient alors extrêmement prolifiques.

Preservation Act 2 remplissait 2 albums vinyl, complétant un total de 8 LPs en moins de 5 ans. C’était l’accomplissement d’un projet aussi grandiose qu’aucun autre dans l’histoire pop : la plus grande comédie musicale rock qu’un artiste ait jamais conçu. Mais sa création se fit dans des circonstances sur lesquelles le groupe semblait avoir peu de contrôle.

Dans le projet initial, il n’était pas question d’un Preservation Act 2 –ni 1. Il y avait simplement Preservation, un double album théâtral programmé pour l’été 1973. Ray Davies avait conçu le projet comme étant la réalisation de son rêve : une combinaison du rock idiosyncrasique des Kinks et de l’irrésistible narration des meilleurs drames.

Mais ce fut le drame des Kinks qui mit à mal ses intentions. Preservation a été conçu dans de brefs délai au cours des premières semaines de l’année 1973, à une époque où à la fois Ray Davies et son frère Dave se démenaient pour maintenir un certain équilibre dans leur vie privée.

Durant leur exténuante programmation de tournée de 1972, le groupe avait souvent enjambé la barrière séparant les théâtralités de la scène des véritables excès.

En mixant l’album en Mai 1973, Ray décida soudain que cela ne correspondait pas à ses attentes. Il jeta tous les morceaux sauf un, et rassembla les Kinks pour une seconde série de sessions.

Ray Davies choisit de diviser Preservation en deux actes séparés – un album unique qui sortirait en Novembre pour apaiser RCA, et un double album l’automne suivant qui porterait la plus grande partie du récit.

Le rejet de Ray des enregistrements originaux de Preservation permettait au moins au groupe de redémarrer l’album dans leurs propres studios fraichement installés : le complexe des Konk Studios à Hornsey, dans le Nord de Londres. Ils firent l’acquisition du terrain de l’entrepôt en Décembre 1971. « Konk allait être l’endroit où le groupe pourrait se réunir, jouer au billard, au tennis de table, répéter et enfin enregistrer des albums », déclara Ray, et la liberté d’opérer dans des leurs propres studios permit au groupe de créer à loisir dans un environnement de travail confortable.

Dave Davies était le membre du groupe maitrisant le mieux les nouvelles technologies : « j’étais très impliqué dans la production à l’époque », dit-il aujourd’hui. « C’était une époque immensément créative pour le groupe, en fait. Je me sentais bien plus impliqué dans la musique que je ne l’avais été les deux années précédentes. J’allais à Konk et me dépatouillais avec l’équipement pour que tout fonctionne bien, et alors le groupe entrait. Preservation était de toute évidence le bébé tout craché de Ray, mais j’ai beaucoup aimé contribuer à lui donner forme ».

Le gros des des sessions pour Preservation Act 2 se déroulèrent au tout début de l’année 1974, bien que l’album achevé inclût au moins deux chansons qui furent apparemment mises en boite durant la mise en œuvre de l’Act 1– Oh Where Oh Where is Love et Salvation Road –. Mais la première chanson du nouveau disque entendu du public était un single britannique, en Avril 1974, qui s’avéra être une démo solo de Ray de Mirror of Love. Il avait mis sur bande des interprétations guide de bon nombre des chansons de l’Act 2 à Konk en Décembre 1973 et sentait que la tentative ultérieure des Kinks, sur ce titre, n’avait pas su correspondre à son esquisse.

Le single a été programmé pour coïncider avec la tournée britannique en Mars 1974, mais illustra à nouveau le malaise affectant la carrière des Kinks en se voyant différé. En Amérique, un autre choix de Single, Money Talks, atteignit les bacs à temps pour une visite prolongée aux USA sur la côte Ouest. Act 2 suivit une quinzaine de jours plus tard, et a été sagement différé à Juillet au Royaume Uni, afin que les Kinks puissent le promouvoir sur scène. Au même moment, Mirror of Love était republiée en tant que single – cette fois dans une version comprenant le groupe entier, et enregistrée spécialement par les Kinks en Juin -.

En Juin 1974, Ray avait filmé pour la compagnie britannique Granada TV un drame appelé Starmaker, une autre de pièce de théâtre rock encore, construite autour de chansons qu’il avait écrites au cours des 2 mois précédents ( cette pièce s’est développée ultérieurement pour devenir l’album suivant du groupe : A Soap Opera ).



Le travail de Ray fit des aller-retour entre les deux projets pendant le reste de l’année. Une fois Preservation Act 2 sorti, il était libre de programmer les sessions d’enregistrement pour Soap Opera, et se lancer ensuite dans la mise en scène de Preservation. Il était clairement impensable que le groupe interprétât les 3 albums éponymes dans leur intégralité ; aussi Ray réduisit-il le drame en un récit de 90 minutes. Pour s’assurer que le public ne soit pas déçu, les Kinks interprétèrent également une version raccourcie de leur set-list normale.

Les spectacles de Preservation qui courraient à travers l’Amérique puis Londres pour Noël étaient bien plus théâtraux que tout ce que les Kinks avaient entrepris auparavant. Il y avait là des séquences filmées faisant progresser l’intrigue, des projections sur scène renforçant ou subvertissant les messages des chansons, et une opportunité pour le groupe entier d’apparaître en costume. Ray se délectait de son rôle en tant que Mr Flash, basé sur la robe exagérée de Max Miller, comédien britannique d’alors, tandis que Dave, John Dalton et Mick Avory campaient les rôles de ses compères, Mr Twitch, Big Knob et Big Ron. Quand le show atteignait son climax, le son de Preservation passait à travers les haut-parleurs – une encapsulation de trois minutes du drame entier qui a été enregistrée à Konk en Octobre 1974, et est sortie le mois suivant en tant que single américain.

Le rythme de travail de Ray Davies était si frénétique au milieu des années 70 qu’une fois la tournée Preservation de 1974 achevée, presque tout ce matériel disparut du répertoire des Kinks. Une poignée de chansons survécut dans la set-list de l’Automne 1975 mais, par la suite, le groupe était déjà plus engagé à promouvoir un autre disque.

Les live shows ultérieurs prouvèrent que l’Act 2 de Preservation était bien plus proche de la perception originale de Ray que le plus épisodique Act 1. En fait, il faudrait retourner au Faust de Goethe pour retrouver un drame dans lequel les deux sections seraient à ce point différentes en tonalité et en style.

L’Act 1 avait dressé le thème de Preservation à travers une liste de portraits rapidement esquissés – dont aucun n’était plus attachant que celui de The Tramp -. Là il semblait parler directement au nom de Ray Davies, mais dans l’Act 2, il interprétait un rôle plus général, comme la voix de l’homme ordinaire. Les brèves vedettes de l’Act 1, comme The Vicar et Johnny Thunder, s’en étaient définitivement allées. Au lieu de cela, l’Act 2 avait pour fil conducteur l’intrigue et la bataille pour la suprématie entre le dictateur flamboyant, Mr Flash, et son rival tout autant suspect, Mr Black.

Davies avait ébauché un décor Orwellien, à travers lequel l’impitoyable mais fatalement imparfait Flash était poursuivi par un Mr Black incapable d’émotions. Le drame atteignait son inévitable dénouement lorsque Flash et ses acolytes se voyaient transformés en robots – les participants idéaux à la vision monotone d’une nouvelle société de Mr Black. Le sauveur promis par l’Act 1 était devenu l’incarnation de tout ce à quoi il avait juré mettre un terme.

« Mon thème continuel », me dit Ray en 1993, « est le contrôle des masses par le dictat des médiats. Plus je vieillis, plus je deviens politique. Tant de mes chansons proviennent de thèmes politiques ».

Les étudiants de sciences politiques se délectent sans doute de la fausse modestie des déclarations de Mr Black – dont aucune n’est plus hilarante que celle de Shepherds of The Nation, qui déforme la formule de Village Green Preservation Society à son profit en autorisant un chœur de voix à entonner poliment : hou la nudité, les seins dénudés et les poils pubiens…sodomites prenez garde ( down with nudity, breast that are bare and pubis hair…sodomites beware ). Tandis que la nouvelle moralité de Mr Black balaie la nation, ses chansons se drapent dans des proportions hymniques. Preservation Act 2 s’achevait avec l’entrainant Salvation Road […].

L’album avait sa part de délices, de la merveilleuse et très marquée jazz des années 20 Mirror of Love à la confrontation entre les tyrans sur Artificial Man. Mais c’était un disque qui implorait d’être joué sur scène, ce qui rend plus regrettable encore le fait qu’il n’ait pas été archivé en film.

Dave Davies avait défendu des ambitions dans cette direction : « je voulais toujours que Ray me laisse lui prendre tout ça des mains un petit peu pour en faire un film. Mais il est tellement protecteur à ce sujet ». Et Ray ne s’est certainement jamais tout à fait débarrassé du désir de revenir à Preservation. « Je n’ai pas encore tiré ce sujet au clair », me disait-il alors. « Je n’ai pas dit tout ce que j’ai à dire avec Preservation ». Aucun projet des Kinks ne semble avoir exercé la même emprise constante sur son imagination.

Peter Dogget.

L’album chanson par chanson

 

1) Announcement

nc/20


L’album démarre par des clairons entonnant le refrain final de Demolition, clôturant l’Act 1 sur les paroles : et nous raflerons toutes les villes et nous les démolirons pour construire un monde à notre image. S’ensuit un ersatz de communiqué radio comme il s’en trouvera 5 tout au long de l’album, prononcés manifestement par des acteurs extérieurs au groupe et parfois accompagnés de bruits d’ambiance. Je n’apporterai pas d’appréciations sur ces plages narratives. En revanche, j’annoterai pour chacune d’entre elle la traduction.

Présentateur :

« Il se murmure qu’une nouvelle Armée du Peuple a été formée par un certain Commandant Black. Quelques incidents mineurs ont déjà été reportés, et d’autres rapports non confirmés suggèrent qu’il s’agit d’une tentative définitive de renverser le gouvernement présent mené par Mr Flash.

Nous aimerions insister sur le fait qu’il ne s’agit que de rumeurs non confirmées, mais nous vous tiendrons bien sûr au courant des nouvelles informations sur ces rapports dès qu’elles arrivent. En attendant, nous exhortons la population à ne pas paniquer et à rester calme durant la crise.

Veuillez rester à l’écoute sur cette station en vue de bulletins ultérieurs ».


2) Introduction to Solution

14/20


L’album est immédiatement introduit par ces sonorités synthétiques, métalliques caractérisant quelques unes des plages marquantes de l’album ( He’s Evil ; Second-hand Car Spiv entre autres).

Cette chanson raconte le mécontentement du peuple, la souffrance des pauvres, l’impunité de Mr Flash en même temps que la récupération politique que veut en tirer Mr Black, de la bouche d’un citoyen ordinaire et contemplatif, un clochard en fait - qui ne se sent rien à voir avec tout cela et voudrait juste disparaître. Un coup militaire a frappé, dit-on, qui aurait du intervenir depuis longtemps, et fait paniquer les masses.

Cette chanson, à l’instar du single de Preservation Act 1, est plutôt bien troussée, même si elle augure de ce que seront bientôt les Kinks et de leur conception d’un groupe de rock, avec ce que cela peut comporté de nuisibilité pour leur proverbiale subtilité, connue des amateurs. Savaient-ils alors que l’on déjà s’apercevoir, pourtant, des incontestables qualités de guitariste de Dave sur You Really Got Me, Lola ou tout Arthur, entre autres ?

Le phrasé de Davies reste intéressant, la chanson accrocheuse malgré quelques longueurs et les faits exposés avec la conviction nécessaire.

( Sans bien sûr lui faire injure, je trouve évident de constater que le clochard est le personnage politiquement et philosophiquement le plus proche de Ray Davies, surtout si l’on considère que Sweet Lady Genevieve, proche de l’histoire intime de Ray, est chantée par ce personnage dans le premier Act ).

3) When A Solution Comes

11,5/20


Chantée sur un ton de douce lamentation d’abord par Mr Black, cette chanson présage de la violence à venir envers tout le monde, toutes races confondues : ils sont tous sur le point de sentir la morsure. La chanson présage également de la face cachée de ce sauveur du premier volet, dont l’ambition quasi inhumaine le fait se frotter les mains devant les perspectives de la révolution à venir.

Musicalement, le climat est extrêmement éthéré : elle est loin la chaleur du Village Green d’origine !…au moins, l’ensemble est dans le ton : la guitare bluesy de Dave apporte, dès le second couplet, un allié de poids pour que l’on considère davantage la voix mi plaintive mi mollassonne de Ray Davies…mais l’effort semble assez laborieux. Ou au contraire négligé. Quelques inflexions laissent espérer un emballement quelconque, mais seconde après seconde, la chanson semble s’essouffler quelque peu…

Ah ! Le morceau s’emballe dans la deuxième partie de la chanson comme se soulèverait un nuage de fumée noire autour de Mr Black, narrant son ambition grandissante jusqu’alors terrée dans l’ombre, et qui jouit à présent d’une opportunité unique alors que le monde se désagrège et le peuple cherche un sauveur en lequel placer sa foi…

Mais il s’emballe, encore une fois, comme s’emballerait un générique de série télévisée ou de dessin animé, et sans trop savoir où aller ensuite. Dommage.

4) Money Talks

07/20


Chantée par Mr Flash dans son night club, cette chanson fait l’apologie de l’argent qui peut tout acheter : il n’y a pas un homme sur terre qui ne puisse être acheté ou dévoyé, il n’y a pas un homme sur terre qui ne puisse être acheté à aucun prix, l’argent prime et nous en sommes la preuve vivante, il n’y a aucune limite à ce que l’argent puisse faire…

Incompréhensiblement, cette chanson est sortie en tant que Face A de Here Comes Flash aux Etats-Unis : incompréhensiblement, car j’aurais au moins inversé les faces, si pas mis une autre chanson pour accompagner Here Comes Flash encore. Je comprends que ce genre de chanson puisse rencontrer un certain succès populaire car la chanson est dynamique et ne cherche pas le sarcasme au 36ème degré, mais les Kinks ont su créé de bien meilleures chansons populaires, terme qui chez moi n’est pas péjoratif. Ici, en dépit ou à cause de ses accents country, et d’excès en tous genre en tous cas ( tout paraît gonflé, forcé artificiellement par la production, les chœurs à outrance, l’instrumentation chargée…) rien ne prend. Je ne sais pas aimer cette caricature des Kinks. De mes Kinks, peut-être…

5) Announcement

nc/20


Présentateur :

« Dans quelques instants seulement, Mr Black doit faire un discours public. Nous allons maintenant procéder à une retransmission en direct de ce discours ».

Envoyé Spécial :

« Hé bien, la scène ici est absolument indescriptible. Personnellement, je n’ai jamais rien vu de comparable auparavant. Une foule d’environ, disons, 30.000 personnes a attendu toute la journée l’arrivée de Mr Black et de son entourage. L’un des sujets les plus attendus du discours de la soirée sera le projet de loi controversé contre la corruption du public, dont Mr Black veut qu’il prenne effet immédiatement pour mettre un terme au déclin des standards de la morale publique répandu actuellement.

Et, attendez voir, le voilà. Je peux voir Mr Black maintenant. Il est entouré, bien sûr, de tous ses gardes du corps. La foule devient sauvage sous l’excitation – ça applaudit, ça acclame –tandis que Mr Black trace finalement sa route au delà de la plate forme. Et maintenant –oui, le voilà - il est sur le point de s’exprimer »
.

6) Shepherds Of The Nation

13/20


Dès ma première écoute de cette chanson, mon cerveau a fait sans effort l’analogie avec Money And Corruption du premier Act de la saga : pour le caractère médiéval rendu par l’instrumentation ( cuivres, chœurs féminins et flutes ) et probablement l’idée que l’on se fait de cette période de l’histoire je le confesse ( !). Je suis au moins certain d’une chose : les gens de cette époque auraient été bien embarrassés pour rendre le riff de guitare électrique de la chanson, dans le ton de l’album.

Il est question ici de la doctrine puritaine et rétrograde de Mr Black, en contradiction totale avec la débauche prônée par le lubrique Mr Flash. Il s’agit évidemment, comme tout l’album, d’une parodie de ce stéréotype de gens jouée à coups de slogans faussement grandiloquents ( déjà évoqués plus haut dans la genèse de l’album ).

Après deux couplets et deux refrains convaincants mais guère transcendants arrive la meilleure partie de la chanson qui, sans surprise, est une reprise du refrain de Money And Corruption ; le rapprochement était trop évident pour n’être pas souligné par un pont de ce genre, dans toutes les acceptations du terme. La chanson retourne ensuite à son schéma personnel, après un petit détour par un passage quasi a cappella.

Même parodique, l’épique de la chanson sonne daté au regard de celui de Money And Corruption, auquel il emprunte même un refrain ( pour la continuité du concept sans doute, mais on ne m’enlèvera pas l’idée que cela rehausse aussi le niveau d’une chanson composée un tant soit peu à la hâte ).

7) Scum Of The Earth

12/20


Chanson de la déchéance de Mr Flash que l’on qualifie de Rebut de la Terre ( Scum Of The Earth ), de galle de la nation ( Scab of the Nation ) et qui tente langoureusement de convaincre qu’il n’est qu’un humain comme les autres avec des projets ordinaires, dont le cœur a été pur il fut un temps, avant d’entrer en contact avec les maux de cette terre.

Théâtralement parlant, la chanson fonctionne ; un petit passage frénétique succède d’ailleurs cette première introspection, à la She’s Bought a Hat Like Princess Marina, qui rappelle de bons souvenirs. Mais le reste de la chanson n’est pas franchement tiptop ni dans la même veine des bons souvenirs. Juste laborieux.

Mr Flash prend ensuite à parti les gens, leur disant que le mal et le bien coexistent en chacun de nous et que chacun de nous crée son paradis et son enfer : une bonne manière de dire la vérité en se déchargeant. Ensuite arrivent les très traditionnels chœurs féminins de la série qui, selon le jour où vous l’écouterez, vous horripileront ou vous distrairont. Rien n’est foncièrement affreux dans cette chanson, mais l’on a encore la très frustrante impression que les Kinks n’iront nul part dans cet album. Musicalement s’entend…ahem.

8) Second-Hand Car Spiv

14/20


Enfin un premier morceau de musique inventif sur cet album digne de lui donner une identité sonore ! Il s’y passe quelque chose : les croisements de guitare électrique et de synthétiseur sont inventifs, la chanson est dynamique, les chœurs distillés comme il faut. Ensuite…ensuite c’est une question de goût.

Du côté des paroles, il est question ici d’un jeune trafiquant de voitures d’occasion venant de nul part et expliquant pourquoi son salut ne pouvait venir que de l’illégalité. Le thème de Here Comes Flash clôture le morceau comme pour mettre en garde contre tous les Mr Flash et Mr Black latents dans cette société avide…

9) He’s Evil

15/20


Cette chanson est une double confirmation, à la fois de l’entité démoniaque se cachant derrière ce Mr Black, et du fait que l’on puisse trouver quelques bonnes chansons sur cet album, si l’on oublie à quel point Mr Black est démoniaque et à quel point ils veulent tous composer une pièce de théâtre quand on voudrait écouter de bonnes chansons...

Les Kinks retournent aux fondamentaux : une introduction originale, un riff accrocheur, des arrangements ni pas assez ni trop, et un phrasé sans emphase pour le chant ; une chanson réussie n’en a pas besoin. Le plaisir pris par le groupe dans son incarnation théâtrale est palpable sur cette piste. Ouf !

Ah…le sujet de la chanson ?…heu attendez voir…( fredonne ) : Il est le mal, il est le mal, il est le mal il est le mal il est le mal ! ( He’s Evil, he’s evil, he’s evil he’s evil he’s evil !…). Mr Black EST LE MAL, malgré sa bonne allure, ses discours et ses dents blanches…écoutez la chanson et vous le saurez ! Difficile d’oublier le refrain après l’avoir entendu une fois mais, hé, c’est aussi ça la marque d’une chanson populaire réussie. Et He’s Evil est la Face B de Mirror Of Love, autre bonne surprise et single de l’album. Les Kinks font peur, parfois…

He is just the devil in disgui-a-a-a-a-a-a-se

10) Mirror Of Love

14/20


L’une des innombrables chansons évidentes de Ray Davies, qui rappelle comme instantanément le souvenir d’une chanson semblable. Peut-être découvrira-t-on un jour toutes ces chansons dans un vieux coffre mais, en attendant…

Mirror of Love n’est qu’une succession de longs couplet et de longs refrains mais la chanson fonctionne parfaitement. Elle présage aussi à mon goût de certaines parties de l’album suivant, A Soap Opera, avec ses allures de série B et son parfum de disputes conjugales pathétiques.

Du point de vue des paroles, Mirror of Love est apparemment le monologue de la concubine de Mr Flash, envers lequel elle nourrit des sentiments très contrastées ( elle le hait mais sait qu’elle tuerait pour lui ) et ne sait prendre de résolution à son égard, car quand elle [le] regarde, [elle] regarde à travers le miroir de l’amour. Faut-il comprendre par là qu’elle l’aime parce qu’elle aime à voir en lui une âme jumelle ou, de manière plus fourbe, parce qu’elle s’aime elle-même ?…cela importe peu, j’imagine. Aussi peu sans doute que d’entendre Ray Davies interpréter la femme en question et chanter bien que tu me traites mal, tu es le meilleur homme que je n’ai jamais eu…je ne comprends pas toujours les Kinks, vous savez.

11) Announcement

nc/20


Présentateur :

«La nouvelle vient de nous parvenir : Mr Black et l’Armée du peuple ont remporté une victoire majeure. La bataille s’est déroulée quelque part en banlieue d’un petit village, dans la zone sud. Aussi, de très nombreuses victimes ont été déplorées des deux côtés. Et notre correspondant décrit le combat comme l’un des plus féroces de mémoire d’homme. Des deux côtés, on a pas fait de quartier ».

12) Nobody Gives

12/20


Ne riez pas : Nobody Gives est la longue complainte de 6 minutes 33 du clochard, qui geigne parce que Personne ne Donne…bon, d’accord ; la longue complainte du clochard, qui cherche surtout à faire comprendre, en observateur apolitique de long cours des deux forces opposés, que personne n’écoute les leçons de l’histoire. Il blâme un monde frileux où personne ne donne à moins de recevoir, préférant se retrancher derrière son camp et, au final, tout le monde est coupable et tout le monde est innocent. « Bon, mais c’est facile de dire quand on est pas engagé… ». C’est certainement un sujet épineux et complexe pour une chanson…

Vous trouverez ici piano, de la guitare acoustique comme électrique et une basse prépondérante. Ce qui est frappant sur cette chanson est avant tout la volonté de délivrer un message, au moins jusqu’à la troisième minute. C’est alors seulement que la chanson revendique son droit à la chanson, avec l’irruption des instruments à vent et, si c’est là un sommet de la chanson, ce n’est pas loin s’en faut un col de catégorie H. Davies donne trop souvent l’impression d’avoir à choisir entre paroles et musique sur cet album

Au passage : une chose est patente ( et épatante ) dans cet album : aucun personnage n’est foncièrement méchant. Ceux qui le sont le reconnaissent, et reconnaissent qu’ils sont été corrompus, par exemple. Alors que dans la réalité, il existe bien de parfaits salauds. Idem pour ce clochard : il pourrait être sale, aigri, ignorant et insultant mais il tire des enseignements sur le monde à coups de références historiques dans cette longue chanson, sage sur son trottoir en marginal impartial. Il faut reconnaître que le monde manichéen imaginé, idéalisé par Ray Davies dans Preservation n’est pas toujours crédible, même si l’on comprend très bien où il veut en venir. Ce que je signifie, c’est que Ray a tendance à mettre de sa propre pondération dans ses personnages et cela ne cadre pas toujours avec le décor.

13) Oh Where Oh Where Is Love

13,5/20



Chantée par le clochard et une heu…bienfaisante présence féminine, ce duo est une preuve de musique agréable non poussive sur l’album. Les couplets sont particulièrement inspirés ; ce n’est malheureusement pas le cas de l’intégralité de la chanson.

Un tantinet niaises, les paroles regrettent l’absence du rêve, de l’espoir et de l’amour dans un monde en perte d’idéal : dans un monde plein de rancune, plein de haine et d’amertume la sincérité n’a pas la moindre chance, et chaque nuit je ferme les yeux et demande aux étoiles au dessus de ma tête où est, où est, où est, où est l’amour

Oh Where Oh Where is love, datée qu’elle est des dernières sessions du premier volet, renforce mon sentiment que Preservation Act 1 est, des deux Acts, la véritable bande son de la saga.

14) Flash’s Dreams ( the Final Elbow )

nc/20


Est-il possible de considérer cette plage comme une chanson à part entière ?…Voilà la mystérieuse plage cinématographique évoquée en introduction !

Elle met en scène la conscience / l’âme moralisatrice de Flash, perturbé pendant son sommeil. Sommeil que l’on déduit des ronflements du dictateur à la retraite ( est-on jamais à la retraite quand on est dictateur ?). Pourquoi dort-il me dites vous?…parce qu’il a absorbé une trop grande quantité d’alcool.

Le dialogue entre lui et son âme est parsemé d’effet sonores ; par exemple, la voix de son âme a été mixée quelques tons plus bas, et un écho inversé accompagne les inflexions de sa voix ( s’agit-il d’une partie de la contribution dont a parlé Dave Davies, plus investi dans la production ? ). En voilà le contenu en tous cas :

Voix : Ohé…ohé…Flash. Flash.

Flash : Qui est-ce?

Voix : Réveille toi Flash. Est-ce que tu m’entends, Flash ?

Flash : Qui est-ce ? Qui ose interrompre mon sommeil ?

Voix : Faut-il vraiment que je me présente ? suis-je réellement un étranger pour toi ?

Flash : Dis ton nom. Parle !

Voix : Je suis ton âme.

Flash : Mon âme ?

Voix : Je suis venu te montrer qui tu es.

Flash : Me montrer qui je suis ? je sais qui je suis, prétentieux ! Comment oses-tu t’imposer.

Voix : Tu as menti et comploté des plans et tu as pris le contrôle d’un simple village pour en faire un vulgaire terrain de jeu pour tes propres fins lucratives. Avant que tu ne viennes, les gens menaient de simples vies [ There’s a Change in The Weather se fait entendre ]. C’était un endroit paisible. Puis tu as retourné les champs, vendu la terre, et tu t’es rempli les poches avec les profits.

Flash : Mensonges ! Mensonges ! je l’ai fait pour aider la nation.

Voix : Tu l’as fait pour ta propre conservation !

Flash : Non ! Non !

Voix : Prépare toi Flash, tant de gens ont souffert entre tes mains. Ils aspirent à une vengeance. Le temps est compté !

Flash : Est-ce que c’est la fin ? Est-ce que c’est le chant du cygne ? La dernière coudée ? je ne partirai pas. Les gens ont besoin de moi.

Voix : Les gens comme toi vont et viennent tout le temps, mais les gens continueront pour toujours. Jette un dernier œil sur le passé, Flash. Savoure le, car tu n’as pas de futur.

Flash : Non ! Non ! Non ! [ un instrumental de There’s a Change in The Weather commence ]. Je ne peux pas supporter ça. [ des samples de Demolition, Money and Corruption émaillent la fin de la chanson, puis un gong résonne plusieurs fois, accompagné de hérauts introduisant les confessions de Flash ]
.

15) Flash’s Confession

13/20


Le thème de Here Comes Flash introduit – logiquement – la chanson, comme dans n’importe quelle série mariant un personnage à un gimmick sonore. Il est ici simplement agrémenté d’une guitare rythmique aux sonorités hispaniques, d’un synthétiseur, et d’une guitare wah-wah soulignant la mélodie principale et inondant parfois un peu la chanson. Laquelle est sombre, à l’instar de son interprète – pas Ray enfin ; Flash ! -.

Ici, Flash confesse qu’il a été un tricheur, un escroc, n’a jamais donné mais toujours pris et qu’il n’est qu’un numéro attendant d’être appelé, qu’il est temps de confesser qu’il n’est qu’un autre visage, un visage de plus et, le concernant, un pion comme les autres du paysage politique.

Ce thème de l’absence de singularité est présent également dans l’autobiographie / fiction de Ray Davies, où le monde est piloté par une corporation faisant des hommes des sans-visages, des manipulés anonymes d’un système. Il s’agit sans doute d’une crainte latente de toujours de Ray Davies : n’être pas considéré, n’être qu’un visage dans la foule ( A Face In The Crowd ) dans une société indifférente à la richesse de l’humanité, sinon monétaire. A Face In The Crowd sera d’ailleurs le titre d’une jolie chanson de l’album suivant.

( Pourquoi autant de 13 dans le même album me direz-vous ? hé bien, c’est que la même recette est utilisée dans quasi toutes les chansons ici, une recette à la base de laquelle on peut déduire les ingrédients originaux que sont Demolition, Here Comes Flash et Money And Corruption ).

16) Nothing Lasts Forever

14/20


Faut-il être avoir un cœur d’artichaut pour être sensible à cette chanson douce(-amère) de l’album ?…

Les temps sont moroses pour le pauvre Flash : voilà que Belle, sa chère et tendre, le quitte, et c’est encore là où le dictateur à la retraite est l’une des plus grandes victimes de son infamie passée – ben hé ! -, malgré le réveil certes tardif de sa bienveillance : même si tu t’en vas, chante-t-il, mon amour ne mourra jamais, il durera toujours ( Though you say goodbye My love will never die, It will last forever ). Mais rien ne dure toujours, lui serine Belle en réponse. Et paradoxalement, en toute fin de chanson, les deux amants séparés chantent ensemble des derniers vers se promettant de s’aimer toujours…Dans la réalité, il ne faut jamais faire ça les enfants : mais dans une chanson, cela fait très joli, altruiste et romantique.

Nothing Lasts Forever a le mérite de tirer parti de la possibilité offerte par les voix féminines en proposant un duo agréable, même si déjà entendu, et de contribuer à l’identité sonore de l’album.

17) Announcement

nc/20


Présentateur :

«A six heures ce matin la victorieuse Armée du Peuple a renversé le régime corrompu qui exerçait le pouvoir dans notre pays. On rapporte que Mr Flash et son gang ont été faits prisonniers. Ils ont été emmenés dans une cachette secrète où ils seront jugés pour trahison par la Cour du Peuple ».

18) Artificial Man

12/20


Cette chanson met en scène Mr Flash, capturé, ainsi que Mr Black et un scientifique présent pour lui nettoyer le cerveau (!).

Mr Black veut en venir à la forme absolue de manipulation en créant un homme artificiel, dont on manipulerait les peurs, les rêves secrets et les pensées pour en faire une race supérieure qui aurait le physique de tarzan, le profil de Cary Grant, et ferait et dirait ce que l’on attend d’elle. Mr Flash ironise les premières intentions de Mr Black en déformant le j’imagine un monde où les gens seront libres de ses premières apparitions en un je peux imaginer le jour où le monde sera contrôlé par des êtres artificiels, mais je ne veux pas vivre un mensonge dans un monde artificiel ; bien que malfaisant, Mr Flash serait en réalité plus humain, avec son idéologie primitive, que Mr Black et son idéologie totale.

Musicalement, bien que le titre soit plus varié et globalement de meilleure facture que la moyenne basse de l’album, l’on ne peut s’empêcher de trouver trainantes ses 5 minutes 30. La nécessité de raconter une histoire à tous prix est une entrave musicale.

Au passage : l’interprétation de Mr Flash ET de Mr Black par Ray Davies est à y perdre la tête pour celui qui n’aurait pas bien tout écouté depuis le départ…

19) Scrapheap City

09/20


Impossible pour qui ne connaît pas l’album de reconnaître les Kinks ici ; seules les femmes sont à l’honneur sur ce titre. L’empire de Mr Flash est démantelé, laissant Belle déplorer le manque de goût de cette nouvelle vie précaire. La chanson n’est pas désagréable –quoiqu’à la longue…- mais elle demeure répétitive et quelconque.

20) Announcement

nc/20


Présentateur :

«L’état d’urgence a été décrété par le gouvernement à huit heures ce matin. On a affirmé que cette mesure a été prise dans l’intérêt de la sécurité nationale. Et les mesures d’urgence prises dans le communiqué du jour resteront en vigueur pour une période indéterminée.

Le couvre-feu prendra effet dès ce soir, et sera mis en œuvre entre 21 heures et 6 heures tous les jours. Le couvre-feu sera mis en vigueur par des patrouilles de l’Armée du Peuple, et des sanctions sévères seront imposées à quiconque retrouvé dans les rues durant la période de couvre-feu journalière.

Un rationnement alimentaire sera introduit immédiatement, et les boutiques ne seront autorisées à ouvrir que pour une durée de 3 heures chaque jour. Les restrictions sur l’utilisation du pétrole commencent immédiatement. Des restrictions sur l’usage de l’électricité, du gaz et de l’eau seront également annoncées d’ici peu.

Tous les endroits de divertissement public sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Toutes les chaînes de télévision sont maintenant définitivement fermées, et les diffusions radios ne fonctionneront plus que depuis cette station.

Et maintenant, voici la Chorale du Peuple chantant le nouvel hymne de la nation, qui a mené à la bataille nos troupes victorieuses ! »


21) Salvation Road

14,5/20



Pour la énième fois de l’album retentit le refrain final de Demolition, en introduction ET en refrain cette fois ci …bon, je ne ferai pas ma mauvaise langue plus longtemps…( mais quand même…je ne savais pas que Ray Davies savait autant que cette petite mélodie avait du goût ! )

Salvation Road est une réjouissance dans cet album, ne serait-ce que pour sa chaleur et le ton enjoué, presque jubilatoire faisant le tour du chant de Ray avant de lui revenir devant la bouche. En fait, je dois admettre que de placer quelque part le refrain final de Demolition en refrain titulaire d’une chanson entière donne un résultat très plaisant : ne l’entendre qu’une seule fois à la fin de l’Act 1 était peut-être un peu frustrant…mais donnait envie de repasser le morceau. On ne sait jamais dire avec ces choses là (…).

Je ne sais pas si j’échangerais La Marseillaise contre Salvation Road, mais il faut admettre que le nouvel hymne de la nation de Village Green a du bon. En fait, c’est possiblement la meilleure chanson de l’album, dans un album où les Kinks s’y mettent tard à mes oreilles !

Sur le CD : pistes alternatives bonus

 

22) Mirror Of Love

 

 

nc/20


Version alternative de la chanson. Les arrangements moins chargés et la séduction apportée par les chœurs féminins à chaque entame de vers ne peuvent m’empêcher de penser que celle-ci était plus légitime pour l’album. Hormis cela, pas de différence frappante, sinon un rythme à peine plus lent.

23) Slum Kids ( take 1)

nc/20


Un rock basique laissé pour compte de l’album. Et les Kinks ont eu raison : la chanson ne dit pas franchement autre chose que les autres chansons, à aucun niveau.

Note de l’album :

 

12/20


Un album globalement pénible à l’écoute, sonnant gris, froid et métallique – surtout si comparé aux quelques merveilles ensoleillées disséminées de 1966 à, admettons, 1972 -. La cohérence sonore de l’album paraît cette fois plutôt monolithique et datée par rapport aux productions précédentes, qui parvenaient à échapper à cette tare ; symbole sans doute de la fin d’une ère au sein du groupe.

Aussi, tout en piochant allégrement de la cohésion dans de très bons et parfois discrets passages de l’Act 1, il manque cruellement de la solidité qui pouvait faire au moins l’honneur de ce dernier. C’est à dire que l’on ressent l’ébauche derrière l’œuvre, et parfois une négligence derrière les chansons, même si l’on sait quelle fut la folle vie du groupe alors. Du reste, si l’on ne peut pas en vouloir à Ray Davies d’utiliser plusieurs fois les mêmes thèmes musicaux sur cette tentative de théâtraliser une musique à personnages, l’album entier reste majoritairement marqué par une attraction de plus en plus forte vers l’écriture, et ce en dépit des idées mélodiques.

Introduction To Solution, Second-Hand Car Spiv, He’s Evil, Mirror Of Love, Oh Where Oh Where Is Love et Salvation Road évitent le naufrage à mon humble avis. Les versions lives de chansons choisies des deux albums en préserveront la mémoire. Cependant, et ce n’est pas un constat que je suis amusé de faire, la pochette avait cette fois raison de préluder de médiocres choses ( dire que les Kinks font toute leur carrière durant de mauvais choix d’un point de vue pictural est un euphémisme, et représente davantage que ma vision personnelle des choses [ petit rire sarcastique] ).

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Fan des Kinks 31/05/2017 18:06

Bonjour .
Il y a une légère erreur a propos de la chanson He's Evil :
C'est Mr.Black et ses partisans qui s'expriment durant un meeting et qui accusent Mr. Flash d'être diabolique , manipulateur , débauché etc...
C'est Flash qui est visé par Mr.Black ici et non pas l'inverse .
D'ailleurs c'est pour ça que Mr.Flash se lamente avec ses amis d'être traité comme un paria et d'être victime des insultes dans la chanson Scum of the Earth .